L’ordre des médecins

L’équité est l’un des principes éthiques cardinaux de la pratique médicale. Elle conduit le médecin à répondre à tout patient s’adressant à lui sans aucune discrimination.

Ce principe est quelques fois interprété comme un principe d’égalité qui voudrait que tous les malades soient traités de la même façon.

Rien n’est plus faux que cette interprétation. Il suffit de relire l’article 7 du code de déontologie médicale dans sa dernière version (1995)

« Le médecin doit écouter, examiner, conseiller ou soigner avec la même conscience toutes les personnes quelles que soient leur origine, leurs mœurs et leur situation de famille, leur appartenance ou leur non-appartenance à une ethnie, une nation ou une religion déterminée, leur handicap ou leur état de santé, leur réputation ou les sentiments qu’il peut éprouver à leur égard. »

Cet article dit bien : « avec la même conscience » et non pas : « de la même façon ».

On touche là au statut de la médecine qui a connu, au cours des dernières décennies, des progrès tels qu’elle peut désormais prétendre être une discipline scientifique.

Une science dotée de données générales. Mais le médecin n’est pas seulement un professionnel scientifique. Il exerce aussi un art qui le conduit à appliquer de façon personnalisée ce qu’il sait.

Dans toute la mesure du possible, selon les circonstances et les moyens disponibles, il lui revient donc de répondre individuellement aux besoins exprimés par chaque personne, selon l’affection dont elle souffre et en tenant compte de ses convictions.

Le guide Médiel s’inscrit parfaitement dans cette logique en donnant aux médecins des renseignements complémentaires, conformes aux données actuelles de la science, qui les aide à mieux tenir compte des convictions exprimées par certains patients, pour les respecter.

Sa parution répond à une nécessité puisque l’épuisement d’une première édition justifie ce nouveau tirage mis à jour. On peut donc s’en féliciter, complimenter ceux qui en ont pris l’initiative et souhaiter que sa nouvelle diffusion aide les médecins à soigner encore mieux les patients.

Professeur Bernard HŒRNI

Président de la Section Éthique et Déontologie de 1996 à 2002
Président du Conseil national de l’Ordre des médecins de 2002 à 2003